Tristessa à l'opéra de Stockholm
Pour notre découverte de l’opéra royal de Stockholm, nous avons attendu la visite de nos deux amies new-yorkaises, grandes amatrices d’opéra et fidèles du MET.
Durant leur visite, deux opéras sont donnés, Aida et Tristessa, cette dernière œuvre étant une création d’un compositeur suédois contemporain, Jonas S. Bohlin, sur un livret de Torbjörn Elensky & Jonas S. Bohlin. N’écoutant que mon esprit de découverte, je réserve quatre places. Ecouter Aida pour la xème fois, bof...
Et les malheurs s’enchaînent. D’abord je me trompe sur l’heure de début du spectacle, qui commence une ½ heure plus tôt que dans mon esprit. Nous sautons dans la voiture sans nous peigner, Jeff enfonce (raisonnablement) la pédale de gaz ; sans encombres, nous pourrions arriver 5 minutes avant le début de la représentation. Il ne faut pas oublier qu’en Suède, tout commence pile poil à l’heure et que les entrées tardives au spectacle sont strictement interdites (et surtout respectées).
En lisant la présentation de l’œuvre dans le calendrier de l’opéra, je me suis dit, que voilà un sujet intéressant et actuel. De plus, l'opéra est chanté en anglais, avec surtitres en suédois.
Donc, le synopsis.
La suite je ne pourrai pas vous la raconter car nous sommes sortis à l’entracte.
Le programme continue ainsi.
Durant leur visite, deux opéras sont donnés, Aida et Tristessa, cette dernière œuvre étant une création d’un compositeur suédois contemporain, Jonas S. Bohlin, sur un livret de Torbjörn Elensky & Jonas S. Bohlin. N’écoutant que mon esprit de découverte, je réserve quatre places. Ecouter Aida pour la xème fois, bof...
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| L'affiche de Tristessa |
Et les malheurs s’enchaînent. D’abord je me trompe sur l’heure de début du spectacle, qui commence une ½ heure plus tôt que dans mon esprit. Nous sautons dans la voiture sans nous peigner, Jeff enfonce (raisonnablement) la pédale de gaz ; sans encombres, nous pourrions arriver 5 minutes avant le début de la représentation. Il ne faut pas oublier qu’en Suède, tout commence pile poil à l’heure et que les entrées tardives au spectacle sont strictement interdites (et surtout respectées).
Mais bardaf, des travaux et un nouveau sens de circulation viennent perturber la route que nous connaissons par coeur, nous devons faire un détour ; Jeff nous lance véritablement hors de la voiture juste devant l’entrée, étant convenu que s’il ne trouve pas directement un parking il nous joindra au moins pour la seconde partie… Finalement, le portier le laisse quand même entrer et il s’assied au moment où le chef entre dans la fosse…
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| Crédit: Kungliga Operan |
Comme a dit Jean-François, TOUT nous disait "n’allez pas à l’opéra !" Et TOUT aurait presque eu raison…
En lisant la présentation de l’œuvre dans le calendrier de l’opéra, je me suis dit, que voilà un sujet intéressant et actuel. De plus, l'opéra est chanté en anglais, avec surtitres en suédois.
Donc, le synopsis.
Tristessa est une star de cinéma inaccessible. Evelyn est un jeune homme qui vit dans un futur dystopien, genre bas-fonds du New York des années '60. Il y fait la connaissance de Leilah, une prostituée avec qui il entame une relation. Leilah fait également partie d'un groupe de combattants, dirigé par la mère matriarche. Les combattants kidnappent Evelyn et lui imposent, contre son gré, une opération de changement de sexe pour le punir de son comportement inapproprié avec Leilah. Evelyn devient Eve.
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| Crédit: Kungliga Operan |
Après s'être échappée de ce New York, Eve se retrouve au milieu du désert dans le harem d'un homme appelé Zero. Zero, tout comme Eve, est obsédé par Tristessa et ils se dirigent ensemble vers le palais de la star de cinéma…
La suite je ne pourrai pas vous la raconter car nous sommes sortis à l’entracte.
Le programme continue ainsi.
Tristessa est un opéra récemment écrit et créé par un écrivain, un vidéaste et un compositeur pour aborder les rôles et l'identité de genre sur base du roman culte d’Angela Carter "La passion de la Nouvelle Eve" où elle dissèque hardiment les notions primitives de genre avec satire et fantaisie. Angela Carter (1940-1992, Royaume-Uni) est l'un des écrivains les plus importants et les plus influents de notre époque, connue pour son réalisme féministe et magique et sa démythologisation de la vie moderne.
Rien que l'affiche du spectacle aurait dû nous mettre la puce à l'oreille mais mon sens de l'aventure étant ce qu'il est...
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| Crédit: Kungliga Operan |
Et la surprise visuelle nous attend dès la première seconde, tout est cruel, malfamé, explicite - trop explicite -, vulgaire, tout est pris au premier degré, rien n'est laissé à l'imagination. Les auteurs étaient sûrement dans leur phase "gros bourrins". Les scènes s'enchaînent, nous sommes stupéfaits. Je suis écœurée par le déferlement de souffrances sur scène, par la déchéance de ces êtres humains mis en scène, par cette foule de pantins soumis à la "matriarche". On quitte la dictature du machisme pour entrer dans celle de la misandrie. Entre la peste et le choléra...
Et le clou qui scelle définitivement mon envie de partir, c'est la scène où Evelyn devient Eve, avec force détails gore et la projection d'un "dessin animé" expliquant chirurgicalement comment d'un pénis on fait un vagin, avec les parties que l'on coupe, plie, assemble, retourne, recoud. On dirait presque une notice de montage Ikea.
Je suis tellement envahie par la cruauté des images que je n'entends pas la musique. En tout cas elle me paraît convenir aux thèmes abordés.
Je suis tellement envahie par la cruauté des images que je n'entends pas la musique. En tout cas elle me paraît convenir aux thèmes abordés.
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| L'opération... |
En résumé, nous sommes sortis à l'entracte après une petite papote avec un pote belgo-suédois tout aussi abasourdi que nous et une visite du magnifique foyer, tout en dorures rococo. Le retour à la maison se fait quasi en silence...
Voici le lien vers une critique de l'opéra (en anglais). L'auteur ne semble pas avoir eux les mêmes impressions que nous : https://www.limelightmagazine.com.au/reviews/tristessa-royal-swedish-opera/
Voici le lien vers une critique de l'opéra (en anglais). L'auteur ne semble pas avoir eux les mêmes impressions que nous : https://www.limelightmagazine.com.au/reviews/tristessa-royal-swedish-opera/




