Semaine 10 – Vortex polaire
Tout comme la Belgique, la Suède a connu ses deux bonnes semaines polaires : bottes de 7 lieues, bonnet à pompon et moufles fourrées sont sortis des placards. Il neigeait beaucoup et le vent fouettait la neige sur les visages, ce qui était très désagréable, voire douloureux. Je n’ose penser aux Samis qui vivent dans le Grand Nord. Cela ne doit pas être marrant tous les jours. Ma peau tirait tellement que j'ai dû acheter une crème bien grasse pour la soulager (genre graisse à traire...). Je luisais de mille feux mais au moins je me sentais mieux. Les températures de jour étaient toujours en dessous de moins 10° et la nuit, il faut l'avouer, on ne se relevait pas pour contrôler mais M. Météo a annoncé des moins 20. Avec ce vent piquant, les températures de journée étaient ressenties comme du moins 20... Autant dire que le soir, c'était bûches dans le poêle, thé chaud et livre ou TV.
A propos de bottes fourrées. J'ai ressorti une vieille paire qui date d'au moins 20 ans, que je n'avais jamais données et que j'ai déménagé de poste en poste. Eh bien maintenant elles servent quasi tous les jours ! Comme quoi l'adage selon lequel il faut jeter ce que l'on n'a pas utilisé pendant 2 ans tombe à l'eau, ou plutôt ici dans la neige... Avec 40 cm dans notre quartier "du nord" de Stockholm, nous avons vraiment eu la sensation de l'hiver, ce qui ne nous était plus arrivé depuis longtemps.
Au rayon chaussures, comme il y a de nombreux mots différents en suédois pour désigner les différents types de neige, il y a les bottes et bottillons correspondants : la botte courte fourrée avec une bonne semelle crantée quand tout est bien gelé, la botte genre «chasseur» quand tout dégèle et que l’on marche dans un beau « slush », mélange de glace, de neige fondue et d’eau (le plus glissant selon moi), la bonne grosse chaussure de marche pour la neige tassée et la botte légère mais étanche jusqu’au genou pour la neige poudreuse fraîche. Bref, à chaque type de neige correspond les chaussures ad hoc. Selon les Suédois, il ne fait jamais froid, il y a juste des vêtements inadaptés. Les enfants suédois ont aussi leurs mots à eux pour la neige mais eux ils classent en type d'activité : un mot pour décrire la neige qui est bonne pour les bonshommes de neige, ou celle idéale pour les boules de neige ou encore celle qui permet de faire de la luge à toute vitesse.
Quand nous sortons le soir c'est soit pour aller à nos cours de suédois (le lundi et le mercredi soir), soit pour aller assister à un événement un peu par obligation professionnelle. Dans ce cadre, Jeff et moi avons assisté à une conférence d’un journaliste/écrivain français, Olivier Truc ( oui, c'est son nom). Il a été pendant 20 ans correspondant «Grand Nord» pour Libération ensuite pour Le Monde et il connaît bien les Samis, leur culture, leurs problèmes, leur sentiment «d’injustice et d’abandon». Les Samis sont aux pays scandinaves ce que les "Indiens" sont aux Etats-Unis, un peuple colonisé et évangélisé de force... Olivier Truc a publié plusieurs «polars» polaires (ah, ah, le jeu de mots) qui se passent chez les Samis avec la «Police des Rennes» qui enquête, police qui existe vraiment en Norvège pour régler tous les problèmes liés à l’élevage de ces craintifs herbivores. Cette police n’existe pas en Suède mais il a « mbelli» la situation pour des raisons dramatiques et a étendu cette police aux trois pays traversés par la Laponie. J’ai terminé son premier roman : Le dernier Lapon. Un polar classique, bâti sur les principes habituels du genre mais qui donne une très bonne idée de la vie des Samis. J’ai commencé le second roman : Le détroit du loup, qui montre la quasi-impossibilité de combiner le nomadisme des éleveurs de rennes et l’exploitation pétrolière dans les eaux du Grand Nord. Je commencerai bientôt La montagne rouge qui parle de l'exploitation forestière en Laponie qui enlève aux rennes le précieux lichen dont ils ont besoin pour survivre en hiver.
Sinon, côté musique, la Petite Bande vient au festival de musique ancienne de Stockholm en juin. En juillet et août nous restons à Stockholm pour permettre aux collègues avec enfants de partir et nous avons déjà nos places pour aller écouter de l’opéra ancien (Pygmalion de Rameau) au château de Drottingholm et son théâtre baroque de toute beauté paraît-il. Je me réjouis d'aller dans cette salle mythique.
Comme vous vous en souvenez peut-être, il y eut une attaque terroriste à Stockholm le 7 avril 2017. Parmi les victimes décédées, il y avait une jeune belge. Le procès de l'auteur (en aveux) a commencé et la famille de Maïlys était présente pour les 3 premiers jours du procès. Je les ai accompagnés. Ce fut très éprouvant, surtout quand la Cour a montré les séquences des caméras de surveillance des magasins, où l’on voit les victimes fauchées par le camion. L'ambassade participera à la commémoration qui est organisée par la Ville de Stockholm le 7 avril.
Au niveau boulot, c’est bien chargé mais faisable quand tout le monde est sur le pont, ce qui, en hiver, n’est pas toujours le cas avec les rhumes, états grippaux et autres otites de saison (gare aux oreilles non protégées ...) . Mais on se débrouille ! Le vendredi après-midi à 15:00 c’est FIKA : cette pause-café courante quasi mythique dans les entreprises suédoises si ce n’est que chez les « vrais » Suédois c’est 2 x par jour (un quart d’heure) mais à l’ambassade une fois par semaine et pour une bonne heure. C’est l’occasion de resserrer les liens entre collègues et de goûter aux gougouilles locales. Certains viennent même de temps en temps avec un gâteau ou une mousse au chocolat maison. Vous voyez que l’on ne se prive pas !
Fin de la semaine prochaine nous sommes à Riga (car la Lettonie est dans la juridiction de Stockholm) pour des activités officielles dans le cadre de la semaine de la Francophonie. La ville est petite nous dit-on mais très belle, avec un beau quartier Art nouveau. Nous verrons cela le week-end quand nous serons sortis de l’officiel.
Pour le week-end de Pâques, l'ambassadeur est en Belgique et je suis donc "consignée" à Stockholm. Heureusement un couple d'amis et leur fils viendront nous dire bonjour de Londres. Espérons que le gros de l'hiver sera parti pour alors.
A propos de bottes fourrées. J'ai ressorti une vieille paire qui date d'au moins 20 ans, que je n'avais jamais données et que j'ai déménagé de poste en poste. Eh bien maintenant elles servent quasi tous les jours ! Comme quoi l'adage selon lequel il faut jeter ce que l'on n'a pas utilisé pendant 2 ans tombe à l'eau, ou plutôt ici dans la neige... Avec 40 cm dans notre quartier "du nord" de Stockholm, nous avons vraiment eu la sensation de l'hiver, ce qui ne nous était plus arrivé depuis longtemps.
Au rayon chaussures, comme il y a de nombreux mots différents en suédois pour désigner les différents types de neige, il y a les bottes et bottillons correspondants : la botte courte fourrée avec une bonne semelle crantée quand tout est bien gelé, la botte genre «chasseur» quand tout dégèle et que l’on marche dans un beau « slush », mélange de glace, de neige fondue et d’eau (le plus glissant selon moi), la bonne grosse chaussure de marche pour la neige tassée et la botte légère mais étanche jusqu’au genou pour la neige poudreuse fraîche. Bref, à chaque type de neige correspond les chaussures ad hoc. Selon les Suédois, il ne fait jamais froid, il y a juste des vêtements inadaptés. Les enfants suédois ont aussi leurs mots à eux pour la neige mais eux ils classent en type d'activité : un mot pour décrire la neige qui est bonne pour les bonshommes de neige, ou celle idéale pour les boules de neige ou encore celle qui permet de faire de la luge à toute vitesse.
Quand nous sortons le soir c'est soit pour aller à nos cours de suédois (le lundi et le mercredi soir), soit pour aller assister à un événement un peu par obligation professionnelle. Dans ce cadre, Jeff et moi avons assisté à une conférence d’un journaliste/écrivain français, Olivier Truc ( oui, c'est son nom). Il a été pendant 20 ans correspondant «Grand Nord» pour Libération ensuite pour Le Monde et il connaît bien les Samis, leur culture, leurs problèmes, leur sentiment «d’injustice et d’abandon». Les Samis sont aux pays scandinaves ce que les "Indiens" sont aux Etats-Unis, un peuple colonisé et évangélisé de force... Olivier Truc a publié plusieurs «polars» polaires (ah, ah, le jeu de mots) qui se passent chez les Samis avec la «Police des Rennes» qui enquête, police qui existe vraiment en Norvège pour régler tous les problèmes liés à l’élevage de ces craintifs herbivores. Cette police n’existe pas en Suède mais il a « mbelli» la situation pour des raisons dramatiques et a étendu cette police aux trois pays traversés par la Laponie. J’ai terminé son premier roman : Le dernier Lapon. Un polar classique, bâti sur les principes habituels du genre mais qui donne une très bonne idée de la vie des Samis. J’ai commencé le second roman : Le détroit du loup, qui montre la quasi-impossibilité de combiner le nomadisme des éleveurs de rennes et l’exploitation pétrolière dans les eaux du Grand Nord. Je commencerai bientôt La montagne rouge qui parle de l'exploitation forestière en Laponie qui enlève aux rennes le précieux lichen dont ils ont besoin pour survivre en hiver.
Sinon, côté musique, la Petite Bande vient au festival de musique ancienne de Stockholm en juin. En juillet et août nous restons à Stockholm pour permettre aux collègues avec enfants de partir et nous avons déjà nos places pour aller écouter de l’opéra ancien (Pygmalion de Rameau) au château de Drottingholm et son théâtre baroque de toute beauté paraît-il. Je me réjouis d'aller dans cette salle mythique.
Comme vous vous en souvenez peut-être, il y eut une attaque terroriste à Stockholm le 7 avril 2017. Parmi les victimes décédées, il y avait une jeune belge. Le procès de l'auteur (en aveux) a commencé et la famille de Maïlys était présente pour les 3 premiers jours du procès. Je les ai accompagnés. Ce fut très éprouvant, surtout quand la Cour a montré les séquences des caméras de surveillance des magasins, où l’on voit les victimes fauchées par le camion. L'ambassade participera à la commémoration qui est organisée par la Ville de Stockholm le 7 avril.
Au niveau boulot, c’est bien chargé mais faisable quand tout le monde est sur le pont, ce qui, en hiver, n’est pas toujours le cas avec les rhumes, états grippaux et autres otites de saison (gare aux oreilles non protégées ...) . Mais on se débrouille ! Le vendredi après-midi à 15:00 c’est FIKA : cette pause-café courante quasi mythique dans les entreprises suédoises si ce n’est que chez les « vrais » Suédois c’est 2 x par jour (un quart d’heure) mais à l’ambassade une fois par semaine et pour une bonne heure. C’est l’occasion de resserrer les liens entre collègues et de goûter aux gougouilles locales. Certains viennent même de temps en temps avec un gâteau ou une mousse au chocolat maison. Vous voyez que l’on ne se prive pas !
Fin de la semaine prochaine nous sommes à Riga (car la Lettonie est dans la juridiction de Stockholm) pour des activités officielles dans le cadre de la semaine de la Francophonie. La ville est petite nous dit-on mais très belle, avec un beau quartier Art nouveau. Nous verrons cela le week-end quand nous serons sortis de l’officiel.
Pour le week-end de Pâques, l'ambassadeur est en Belgique et je suis donc "consignée" à Stockholm. Heureusement un couple d'amis et leur fils viendront nous dire bonjour de Londres. Espérons que le gros de l'hiver sera parti pour alors.